Réduire les irrégularités, raccourcir les délais et mieux utiliser les ressources publiques : tels sont les enjeux de la formation organisée du 22 au 24 octobre 2026 à l’hôtel Helena, à Gitega, à l’intention de 110 chefs de départements communaux issus des 11 communes de la province de Bujumbura. Initiée par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), cette formation vise à renforcer les capacités des responsables locaux pour une gestion plus transparente et plus efficace des marchés publics.
À travers cette initiative, les participants sont appelés à mieux maîtriser les procédures de passation des marchés publics, depuis la planification jusqu’au suivi de l’exécution des contrats. L’objectif est de leur donner les outils nécessaires pour prévenir les irrégularités et améliorer la qualité des services rendus à la population.
Des procédures plus simples pour gagner du temps
Pour les participants, cette formation représente une occasion de mieux comprendre les règles de passation des marchés publics et les démarches à suivre. Ils espèrent notamment que les changements annoncés contribueront à simplifier les procédures et à réduire le temps consacré aux formalités administratives.

La décentralisation constitue, à leurs yeux, une opportunité supplémentaire. En rapprochant les services publics des citoyens, elle devrait faciliter les démarches des responsables communaux, leur permettre de gagner du temps et contribuer à accélérer la réalisation des projets locaux.
Derrière chaque marché, des besoins concrets
Une école mieux équipée, un centre de santé fonctionnel, un marché aménagé, une route praticable ou encore un meilleur accès à l’eau : derrière chaque marché public, ce sont des besoins quotidiens des citoyens qui sont en jeu.
La réalisation de ces infrastructures dépend notamment de la manière dont les marchés sont préparés, attribués et exécutés. Une gestion rigoureuse permet de mieux utiliser les ressources disponibles et de réaliser les projets dans de bonnes conditions. À l’inverse, les irrégularités et les retards peuvent compromettre les résultats attendus et fragiliser la confiance de la population envers les institutions.
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ARMP, Jean Claude Nduwimana, a insisté sur l’importance d’une gestion transparente et efficace de la commande publique, particulièrement dans le contexte de la décentralisation et de la déconcentration des services publics, qui accroît les responsabilités des communes.

La province de Bujumbura présente des réalités particulières. Elle abrite la capitale économique du Burundi et concentre d’importants investissements, tout en regroupant des communes aux caractéristiques urbaines et rurales différentes. Avec la réforme administrative et territoriale, les responsables locaux doivent ainsi assumer davantage de responsabilités dans la planification, la gestion et le suivi des projets publics.
Les irrégularités, un défi à prévenir
Les contrôles et les audits menés par l’ARMP ont relevé plusieurs difficultés dans la gestion des marchés publics. Parmi les manquements constatés figurent la non-publication des plans de passation, le fractionnement des marchés, le recours injustifié aux procédures dérogatoires, les insuffisances dans l’évaluation des offres, les retards d’exécution et le défaut d’archivage des dossiers.

Ces difficultés soulèvent également la question des compétences et des outils dont disposent les responsables communaux pour mener à bien leurs missions. La formation entend donc leur apporter des connaissances pratiques afin qu’ils puissent mieux anticiper les problèmes, appliquer les règles en vigueur et prévenir les irrégularités.
Durant les trois jours de travaux, les participants approfondissent leurs connaissances sur le cadre légal des marchés publics au Burundi, la planification et la publication des marchés, les différents modes de passation, ainsi que la préparation des dossiers d’appel d’offres et l’évaluation des offres.
Les échanges portent également sur le suivi de l’exécution des marchés, la gestion des contentieux, les mécanismes de contrôle, l’éthique professionnelle et la prévention de la corruption. La digitalisation des procédures figure aussi au programme, avec pour objectif de montrer comment les outils numériques peuvent moderniser la gestion et renforcer la transparence.
Respecter les règles pour protéger l’argent public
Organisée par l’ARMP en partenariat avec le Projet d’appui à la gouvernance financière et à la promotion des investissements (PAGFPI), sous la tutelle du ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique et avec le financement de la Banque africaine de développement (BAD), cette formation s’inscrit dans les missions prévues aux articles 27 et 35 du Code des marchés publics de 2018, notamment en matière d’application de la législation et de renforcement des capacités des acteurs concernés.
Elle vise à consolider trois principes fondamentaux : la liberté d’accès à la commande publique, l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures. Leur respect doit favoriser une utilisation économique, efficace et efficiente des ressources publiques.

Jean Claude Nduwimana a invité les participants à s’impliquer activement dans les échanges en partageant leurs expériences et les difficultés rencontrées dans leur travail quotidien. Il leur a rappelé que le respect des procédures ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative, mais comme une garantie pour les gestionnaires, les communes et les citoyens.
« Un gestionnaire qui respecte les procédures se protège, protège sa commune et protège l’argent du contribuable », a-t-il souligné.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné