La suppression des quotas ethniques, l’indemnisation des victimes des violences passées et le rapprochement entre victimes et auteurs figurent parmi les principales recommandations formulées au terme de la deuxième journée d’échanges avec la Commission vérité et réconciliation (CVR). Les participants plaident pour des mesures concrètes en faveur de la justice, de la vérité et de la cohésion sociale.
La réconciliation nationale ne peut se construire sans reconnaissance des souffrances du passé ni réponses aux préjudices subis. C’est le message porté par les participants aux échanges avec la CVR, qui ont insisté sur la nécessité de combattre les discriminations, de faire la lumière sur les violences passées et d’envisager des réparations pour les victimes.
Les discriminations au cœur des préoccupations
Parmi les recommandations formulées figure la suppression du système des quotas ethniques, accompagnée d’un renforcement de la lutte contre toutes les formes de discrimination. Les participants ont également plaidé pour une éducation accessible à tous, une meilleure égalité des chances et une formation patriotique renforcée.

Ils ont dénoncé les discriminations fondées sur l’appartenance ethnique ou régionale, estimant que ces pratiques ont contribué à fragiliser la cohésion sociale et à entraver le développement du pays. Les témoignages évoqués ont également rappelé les violences meurtrières qui ont touché des membres des institutions chargées de la défense et de la sécurité, notamment l’armée et la gendarmerie.
Face à ces constats, les participants ont appelé à promouvoir l’égalité entre les citoyens et à consolider les valeurs nationales afin de prévenir la répétition des divisions du passé.
Rapprocher les victimes et les auteurs des violences
Les participants ont demandé à la CVR de poursuivre ses investigations et de favoriser le rapprochement entre les victimes et les auteurs des violences passées. Cette démarche devrait permettre aux personnes touchées de témoigner de leur vécu et de contribuer à l’établissement de la vérité.

Pour eux, l’écoute des victimes constitue une étape essentielle vers la reconnaissance des souffrances et le rétablissement progressif des relations sociales. La réconciliation suppose ainsi un travail de mémoire qui ne minimise ni les faits ni les conséquences des violences sur les individus et les communautés.
Des indemnisations pour les biens pillés ou détruits
La réparation des préjudices matériels a également occupé une place importante dans les recommandations. Les participants ont plaidé pour l’indemnisation des personnes dont les biens ont été pillés ou détruits lors des violences passées.
Ils ont notamment recommandé à la CVR de mener des enquêtes approfondies afin de recenser les biens concernés, d’évaluer les pertes et de recueillir les témoignages des familles lésées. Ils ont aussi proposé la mise en place d’un fonds d’indemnisation destiné aux victimes.

Au-delà des pertes humaines, les destructions et les pillages ont privé des familles de leurs ressources et compromis leurs possibilités de reconstruction. Pour les participants, la reconnaissance des faits doit donc s’accompagner d’une réflexion sur les moyens de réparer les préjudices subis.
Pierre Claver Ndayicariye évoque une soif de vérité
Réagissant aux recommandations, le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye, a souligné que les échanges témoignent de la volonté de nombreux Burundais de revenir sur les événements qu’ils ont vécus.

Il a insisté sur l’importance de leur donner la parole afin qu’ils puissent raconter leur histoire et témoigner des faits dont ils ont été victimes. Ces témoignages contribuent à documenter les événements du passé et à mieux comprendre leurs conséquences sur les personnes et les communautés.
Les recommandations formulées mettent ainsi en avant plusieurs pistes d’action : lutter contre les discriminations, garantir l’égalité des chances, renforcer l’éducation patriotique, poursuivre la recherche de la vérité et examiner les possibilités d’indemnisation des victimes.
Pour les participants, la réconciliation nationale doit se traduire par des avancées concrètes, afin que les souffrances du passé soient reconnues et que les préjudices subis ne restent pas sans réponse.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné