À Murayi, dans la zone de Kabanga, des femmes autochtones apprennent à mieux protéger leurs cultures, à produire de l’engrais organique et à utiliser des foyers améliorés. À travers ces pratiques, INADES-Formation Burundi et PELUM entendent renforcer leur capacité à faire face aux changements climatiques, tout en améliorant leurs conditions de vie. Ces activités, soutenues par INADES-Formation Burundi et PELUM, visent à renforcer leur autonomie et leur capacité à faire face aux changements climatiques. Elles ont été mises en lumière ce 23 octobre 2026, à l’occasion de la Journée dédiée à la femme agricultrice

Membres de l’association Twiyunge dukingire ibidukikije, ces femmes apprennent à valoriser les ressources locales et à diversifier leurs moyens de subsistance. Au-delà des pratiques agricoles, leur objectif est de mieux répondre aux besoins des ménages et de préparer l’avenir.
Selon Diane Kamariza, experte en genre et inclusion sociale au programme d’INADES-Formation Burundi, cet accompagnement vise à aider les femmes à s’adapter aux changements climatiques. Elle a souligné l’importance de compléter l’agriculture par l’élevage et d’autres activités génératrices de revenus pour consolider leur résilience économique.

Des solutions locales face aux difficultés du quotidien
Lors des démonstrations, Majabukiro Chantal, responsable de la coopérative des femmes autochtones de Murayi, a présenté le foyer amélioré « Bika Igiti Kazoza ». Fonctionnant au charbon de bois ou au bois de chauffage, il est conçu pour réduire la consommation de combustible. Sa fabrication pourrait également offrir aux femmes une source de revenus tout en contribuant à la protection de l’environnement.

Cependant, l’accès aux matériaux nécessaires et l’absence de points de vente adaptés freinent encore la commercialisation de ces foyers. Ces difficultés limitent les possibilités de transformer leur savoir-faire en une activité économiquement viable.
Les participantes ont également présenté une méthode de fabrication d’engrais organique à partir de végétaux, de cendre, de fumier, de résidus de charbon, de son de riz et de mélasse diluée dans l’eau. Le mélange doit être retourné quotidiennement pendant environ quinze jours pour favoriser sa décomposition.
Cette technique permet de valoriser les matières disponibles localement pour fertiliser les champs et améliorer les rendements. Sa maîtrise pourrait ainsi contribuer à renforcer la production agricole face aux aléas climatiques.
L’épargne et l’élevage pour diversifier les revenus
À Murayi, les femmes ont aussi créé huit groupements d’épargne et de crédit (GEC), qui leur permettent de mettre de l’argent en commun et de financer leurs projets. Elles élèvent par ailleurs 19 porcs répartis sur différents sites.

Ces initiatives collectives leur offrent des moyens supplémentaires pour faire face aux dépenses et envisager de nouvelles activités. Elles reposent sur la solidarité et une meilleure gestion des ressources disponibles.
Le directeur provincial du droit de la personne humaine et du genre, Roger Nibizi, a salué leurs efforts. Il les a encouragées à poursuivre leurs projets, à préserver la cohésion au sein de leurs communautés et à accorder une place importante à l’éducation. Il les a également invitées à entreprendre des activités adaptées à leurs capacités.

Pour sa part, la directrice chargée de l’autonomisation de la femme et de la fille, Anne Marie Nkeshimana, a mis en avant les avantages des foyers améliorés et de l’engrais organique pour la production agricole, l’alimentation des ménages et la santé.
Elle a recommandé aux participantes de s’impliquer dans les réunions de leurs coopératives et associations afin de mieux accéder aux mécanismes d’épargne et de crédit. Elle les a aussi encouragées à conserver une partie de leurs récoltes pour répondre aux besoins futurs.

La connaissance des droits, un levier d’autonomie
La rencontre a également été marquée par une séance de sensibilisation sur les droits des femmes, notamment en matière d’autonomisation économique, de santé, d’éducation et de protection.

La secrétaire exécutive de la commune de Gitega, Micheline Ninahaza, a salué l’engagement des organisations membres de PELUM en faveur des agricultrices. Elle les a invitées à mieux connaître les textes légaux qui les concernent, à exprimer leurs préoccupations et à participer activement aux initiatives de développement.

Placée sous le thème « Femme rurale, actrice de la transformation durable des moyens de production, de la sécurité alimentaire et de la résilience face aux changements climatiques», cette célébration s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices 2026.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné