À Gitega, deux jours d’échanges réunissent des acteurs publics et de la société civile autour d’un même défi : mieux connaître les droits humains, mieux travailler ensemble et améliorer le rapportage des données.
Comprendre les nouvelles responsabilités, partager les expériences et apprendre à mieux travailler ensemble : c’est autour de ces préoccupations que des cadres de l’administration provinciale et communale, des agents des services concernés et des représentants de la société civile se retrouvent à Gitega, du 23 au 24 septembre 2026.

Organisé par la Direction Provinciale du Droit de la Personne Humaine et du Genre (DPDPHG), avec l’appui financier de SOS Villages d’Enfants, l’atelier porte sur la promotion des droits humains, le genre et le rapportage des données.
Derrière les textes et les nouvelles structures administratives, les participants sont surtout appelés à réfléchir à une question très concrète : comment mieux unir les efforts pour que la protection des droits humains soit plus visible dans la vie quotidienne des populations ?
De nouvelles responsabilités à apprivoiser
Pour Roger Nibizi, directeur provincial du Droit de la Personne Humaine et du Genre, cette rencontre arrive à un moment où les structures provinciales doivent progressivement prendre en main leurs nouvelles missions.

La décentralisation des communes et la déconcentration des provinces ont entraîné une nouvelle organisation administrative. Les Directions Provinciales du Droit de la Personne Humaine et du Genre font partie de cette évolution. Leurs missions sont notamment définies par le décret n°100/109 du 8 décembre 2025 portant organisation, missions et fonctionnement de la Direction Provinciale au sein du ministère chargé de la Justice, des Droits de la Personne Humaine et du Genre.
Le texte prévoit notamment la coordination des départements communaux des droits de la personne humaine et du genre, ainsi que l’appui au Gouverneur dans la mobilisation et la coordination des partenaires intervenant dans ces domaines.
Pour une structure encore récente comme la DPDPHG de Gitega, cette nouvelle responsabilité demande cependant du temps et de l’apprentissage. Roger Nibizi reconnaît que, même si son personnel dispose des qualifications nécessaires, l’appropriation des nouvelles missions et des outils de travail reste un enjeu.
L’atelier permet ainsi aux participants de mettre leurs expériences en commun, de mieux comprendre leurs rôles respectifs et de rechercher des moyens de travailler de façon plus complémentaire.
Au-delà des structures, des personnes à accompagner
Pour Adrien Rarana, représentant de SOS Villages d’Enfants à Gitega, les questions abordées pendant l’atelier prennent tout leur sens lorsqu’elles sont rapportées aux réalités vécues par les enfants et les familles.

SOS Villages d’Enfants accompagne certains enfants au sein de ses structures, tandis que d’autres bénéficient d’un accompagnement dans leur famille biologique ou dans une famille d’accueil.
Ces situations sont différentes, mais elles renvoient à une même exigence : permettre à chaque enfant de grandir dans un environnement où ses droits sont connus et protégés.
Pour y parvenir, les acteurs qui interviennent auprès des enfants doivent eux-mêmes disposer des connaissances nécessaires et être capables de se parler, de partager les informations utiles et de coordonner leurs interventions.
Quand un simple document peut changer une vie
Représentant le Gouverneur de Gitega, Ntirampeba Innocent a, pour sa part, rappelé que la défense des droits humains commence aussi par une population suffisamment informée sur les lois qui la régissent.

Il a particulièrement attiré l’attention sur la situation des enfants et sur l’importance de leur enregistrement à l’état civil dès la naissance.
Derrière un acte de naissance, a-t-il souligné en substance, il ne s’agit pas seulement d’une formalité administrative. Il y a l’identité de l’enfant et la possibilité pour celui-ci d’exercer pleinement les droits qui lui sont reconnus.
Il a donc appelé les différents services et acteurs intervenant dans le domaine de l’enfance à unir leurs efforts afin que cette démarche soit effectivement assurée.
Apprendre ensemble pour mieux agir sur le terrain
Pendant deux jours, les participants sont ainsi invités à confronter leurs expériences, à renforcer leurs connaissances et à améliorer leurs pratiques en matière de droits humains, de genre et de rapportage.
L’enjeu dépasse la seule tenue d’un atelier. Il s’agit de faire en sorte que les connaissances acquises et les échanges entre acteurs puissent se traduire dans le travail quotidien : des données mieux rapportées, des services mieux coordonnés et, surtout, une réponse plus proche des personnes dont les droits doivent être protégés.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné