Les autorités administratives, judiciaires, les organisations de la société civile et les représentants des confessions religieuses de la province de Gitega renforcent leur mobilisation contre la consommation des drogues et des boissons fortement alcoolisées, particulièrement chez les jeunes.
La question était au centre d’une réunion trimestrielle tenue mardi 11/8/2026 à Gitega pour évaluer les actions menées au cours des trois derniers mois et définir les priorités du prochain trimestre dans le cadre de la lutte contre les stupéfiants. La rencontre a été organisée avec l’appui de l’Organisation ONKIDI de la communauté Seguimi.

Les participants ont relevé les conséquences sociales de la consommation des drogues et de l’alcool sur les jeunes, les familles et les communautés. Ils ont notamment évoqué des situations où des enfants reproduisent les comportements de leurs parents consommateurs d’alcool et se présentent parfois à l’école en état d’ébriété, avec des répercussions sur leur apprentissage.
Renforcer la prévention au niveau local
Le chef de cabinet du gouverneur de la province de Gitega, Gérard Nibigira, a reconnu la persistance du phénomène, particulièrement chez les jeunes. Il a appelé les chefs de collines et de quartiers à intensifier les séances de sensibilisation sur les méfaits des drogues.

Il a également invité les services de police à appuyer l’administration dans l’application des mesures prises par les autorités compétentes. Selon lui, une collaboration étroite entre l’administration, la justice, la police, les organisations de la société civile et les communautés est indispensable pour obtenir des résultats durables.
Les responsables administratifs à la base ont ainsi été encouragés à organiser régulièrement des réunions avec la population afin d’expliquer les conséquences de la consommation des stupéfiants et des boissons fortement alcoolisées.
La justice appelle au respect de la loi
La présidente du Tribunal de grande instance de Gitega, Butoyi Consolatrice, a rappelé que les personnes reconnues coupables d’infractions liées aux drogues sont sanctionnées conformément à la loi.

Elle a également plaidé pour un meilleur encadrement de la commercialisation des boissons alcoolisées. Elle a notamment proposé de distinguer les points de vente de boissons alcoolisées des commerces de produits alimentaires afin de faciliter leur contrôle, ainsi que de réfléchir à la fixation d’horaires de consommation de l’alcool.
Les jeunes au cœur de la sensibilisation
Le représentant de la commune de Gitega a indiqué que les jeunes avaient eux-mêmes proposé d’organiser les activités de sensibilisation dans les endroits où ils se réunissent en grand nombre. Cette approche vise à les informer directement sur les conséquences de la consommation des drogues et de l’alcool.
La représentante légale de l’ONKIDI, Tharcilla Ndikumana, a expliqué que son organisation avait commencé son projet de lutte contre les drogues à Bujumbura avant de l’étendre à Gitega. Face à la persistance du phénomène chez les jeunes, l’organisation intervient actuellement dans dix établissements scolaires de la province à travers des clubs de sensibilisation.

Elle a appelé les différents acteurs à unir leurs efforts et à étendre les activités de prévention aux quartiers et aux autres espaces fréquentés par les jeunes.
Préserver les acquis
Les représentants des quartiers ont, pour leur part, exprimé leur inquiétude face à la persistance de la consommation des boissons fortement alcoolisées. Ils ont appelé au maintien des mécanismes de contrôle et de sensibilisation afin de préserver les résultats déjà obtenus.

À l’issue de la rencontre, les participants ont recommandé de renforcer la prévention, la sensibilisation, le contrôle des points de vente et l’application de la loi. Ils ont également insisté sur la nécessité d’une implication accrue des autorités locales et des communautés pour réduire durablement la consommation des drogues et des boissons fortement alcoolisées chez les jeunes.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné