La Coalition des associations et ONG féminines du Burundi (CAFOB), avec l’appui de CARE Burundi, a organisé ce jeudi le 6 août 2026, à Gitega, un atelier à l’intention des femmes issues de différents secteurs de la province, dans le cadre du projet « Powered by Women », visant à promouvoir la participation des femmes aux instances de prise de décision.

La coordinatrice de la CAFOB, Mme Aline Nivyabandi, a indiqué que la présence des femmes dans les organes décisionnels nécessite d’abord un changement de mentalité de la part des femmes elles-mêmes, en renforçant leur confiance en elles et leur solidarité. Elle a également appelé les hommes à soutenir leurs épouses dans leur engagement public.
Ouvrant les travaux de l’atelier, le conseiller principal au cabinet du gouverneur de la province de Gitega, M. Gérard Nibigira, a salué les actions menées par la CAFOB en faveur de la promotion de la femme et a réaffirmé l’engagement de l’administration provinciale à accompagner les initiatives contribuant au renforcement du rôle des femmes dans le développement du pays.

Elle a exhorté les femmes à participer régulièrement aux réunions communautaires, à exprimer leurs opinions et à s’impliquer dans les activités de développement local, précisant que l’exercice de responsabilités publiques doit demeurer compatible avec une bonne entente au sein du foyer.
La vice-présidente du Conseil communal de Gitega, Mme Marie Louise Hatungimana a souligné que l’accès aux responsabilités exige des qualités telles que le sens des responsabilités, la disponibilité et l’engagement communautaire. Elle a relevé plusieurs contraintes qui freinent encore la participation des femmes, notamment le manque de solidarité entre elles lors des élections, certaines pesanteurs socioculturelles, les charges domestiques ainsi que l’insuffisance de soutien familial.
Pour sa part, la présidente du Tribunal de grande instance de Gitega, Mme Consolatrice Butoyi, a reconnu que la représentation des femmes dans les institutions reste inférieure au seuil constitutionnel d’au moins 30 %. Elle a toutefois fait savoir que des avancées sont observées dans le secteur judiciaire. Selon elle, sur les 14 tribunaux de résidence de la province, neuf sont dirigés par des femmes, tandis que six des neuf tribunaux de grande instance de Gitega sont également présidés par des femmes. Elle a souhaité que cette représentation puisse dépasser, à terme, 50 %.

Les participantes ont recommandé la poursuite des campagnes de sensibilisation sur les droits des femmes, un engagement accru des hommes dans le soutien à leurs épouses et un meilleur partage des responsabilités familiales afin de permettre aux femmes de participer pleinement aux instances de décision.
Elles ont également encouragé les femmes et les jeunes filles à poursuivre des études supérieures, estimant que certaines fonctions requièrent des qualifications académiques spécifiques. Elles ont enfin plaidé pour un changement des mentalités afin que les femmes soient reconnues comme des actrices à part entière du développement et de la gouvernance du pays.
Les participantes ont salué les enseignements reçus au cours de cet atelier et ont demandé aux autorités de continuer à promouvoir la participation des femmes aux processus décisionnels, tout en souhaitant un accompagnement accru de la CAFOB dans leurs initiatives de développement.
Dieudonné Havugiyaremye