Renforcer la collaboration entre les officiers de police judiciaire (OPJ), les cellules de veille communautaire et les autres acteurs locaux pour améliorer la prévention, l’orientation des victimes et la prise en charge des violences basées sur le genre (VBG) : tel était l’objectif d’un atelier organisé du 10 au 12 septembre 2026 à Gitega par Inades Formation Burundi.
Destinée notamment aux OPJ et aux points focaux collinaires chargés de la lutte contre les VBG, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un programme soutenu par le Gouvernement basque et mis en œuvre dans les provinces de Bujumbura, Cibitoke, Burunga et Gitega.

Selon Kamariza Diane, chargée du volet de lutte contre les VBG à Inades Formation Burundi, l’atelier fait suite à l’identification des priorités en matière de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre pour la période 2024-2030. Il a permis aux participants d’échanger sur leurs rôles et responsabilités, conformément au Plan stratégique national de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre.

Mieux gérer les cas de VBG
Les participants ont passé en revue les différentes formes de violences, notamment sexuelles, physiques, psychologiques, économiques et sociales, y compris celles facilitées par les nouvelles technologies. Ils ont également examiné leurs conséquences sur les victimes, les familles et la société, avec une attention particulière aux traumatismes psychologiques pouvant affecter les enfants dès la conception et durant leur développement.

Les OPJ ont apporté des éclaircissements sur les aspects juridiques du traitement des dossiers, tandis que le centre Humura a partagé son expérience en matière de prise en charge holistique des victimes.

Les échanges ont également mis en évidence le risque lié au règlement à l’amiable de certains cas de VBG par des chefs de colline. Les participants ont estimé que de telles pratiques peuvent porter atteinte aux droits des victimes et compromettre la procédure judiciaire.
La victime au centre de la prise en charge
Une attention particulière a été accordée à l’orientation des victimes vers les services compétents, notamment la police ainsi que les structures de prise en charge psychosociale, sanitaire et juridique.
Les participants ont insisté sur la nécessité de respecter la confidentialité, d’éviter toute stigmatisation et de placer la victime au centre de l’accompagnement. Ils ont également appelé à renforcer la sensibilisation communautaire, à encourager la dénonciation des auteurs et à éviter toute culpabilisation des victimes.

Ils ont par ailleurs recommandé de poursuivre les initiatives visant à renforcer la protection au sein des familles, notamment en encourageant les couples vivant en union libre à légaliser leur mariage.
Renforcer la synergie locale
À l’issue de l’atelier, les participants se sont engagés à améliorer la collaboration entre les forces de sécurité, les autorités locales, les structures de prise en charge et les mécanismes communautaires de veille.

Pour eux, une réponse efficace aux VBG nécessite une intervention coordonnée, allant de la prévention à l’orientation et à la prise en charge des victimes, jusqu’à la dénonciation et au traitement des cas conformément à la loi.
Cette approche devrait contribuer à renforcer les mécanismes locaux de protection et à favoriser des communautés plus pacifiques, inclusives et respectueuses des droits de chacun.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné