La Confédération des associations des producteurs agricoles pour le développement (CAPAD), en collaboration avec le Projet d’appui à l’inclusion financière agricole au Burundi (PAIFAR-B), a organisé, du 3 au 4 septembre 2026, à Gitega, un atelier national sur le financement agricole. La rencontre a réuni des organisations paysannes, des coopératives, des banques, des institutions de micro finance et des partenaires du développement pour examiner les moyens de faciliter l’accès des producteurs à des financements adaptés.
Des contraintes persistantes
Les échanges ont mis en évidence plusieurs obstacles à l’accès des petits producteurs aux services financiers, notamment la saisonnalité des revenus, les risques climatiques et de marché, l’insuffisance des garanties réelles, les délais de retour sur investissement et le coût des opérations dans les zones rurales enclavées.

Le calendrier de mise à disposition des ressources constitue également un enjeu majeur. Les retards dans le traitement des dossiers peuvent empêcher les producteurs de disposer des moyens nécessaires au moment des campagnes agricoles. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de mettre les financements à disposition en temps utile, en fonction du calendrier de production.
Des produits adaptés aux cycles agricoles
Dans sa présentation sur la capitalisation de l’expérience de la Fédération nationale des coopératives du Burundi (FENACOBU) dans le financement des coopératives agricoles, Nishimwe Onesime a présenté différents mécanismes, notamment les financements individuels et collectifs, le crédit solidaire et le warrantage.

De son côté, le consultant expert Niyonzima Jean Bosco, intervenant sur les spécificités des risques, les mécanismes de sécurisation du financement agricole, ainsi que sur les produits financiers et les perspectives d’une finance durable et inclusive, a détaillé cinq produits adaptés aux besoins du secteur.
Il a cité le crédit de campagne pour financer les intrants, le crédit d’équipement destiné aux investissements de deux à cinq ans, le crédit de stockage ou warrantage garanti par les stocks, le financement de la chaîne de valeur adossé à un contrat avec un acheteur et le crédit d’investissement destiné aux projets structurants.

Sept produits d’épargne complètent cette offre, notamment « Objectif Semis », « Soudure », « Garantie », « Groupe/Tontine », « Stock », « Épargne + Assurance » et « Investissement ».
Rapprocher producteurs et institutions financières
Un panel réunissant des représentants de la KCB, de la BIDF, d’Interbank, de la BCB, de la CECM, de la MUTEC et de Twitezimbere Microfinance a permis aux organisations paysannes de mieux connaître les produits disponibles, leurs conditions d’accès et leurs modalités de remboursement.
Les participants ont notamment évoqué le financement des coopératives et les groupes de caution solidaire comme des solutions aux difficultés liées aux garanties. Ils ont également recommandé d’anticiper la préparation des dossiers afin de réduire les délais et de rendre les ressources disponibles avant le début des campagnes.

Les mécanismes présentés prennent une importance particulière face aux risques climatiques. Les participants ont insisté sur la nécessité de disposer des intrants à temps, de promouvoir des variétés résistantes au stress hydrique et de développer des solutions locales telles que les biofertilisants, dans un contexte marqué par des épisodes de pluies violentes.
Vers une finance rurale plus inclusive
Le représentant du coordonnateur du PAIFAR-B et chargé du volet financement, Ladislas Habonimana, a souligné la nécessité de faciliter l’accès de la population à des services financiers à des conditions abordables.

Mis en œuvre avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA), le projet ambitionne de toucher quelque 154.000 bénéficiaires à l’horizon 2029, avec une attention particulière portée à la protection de l’environnement.
Pour le président de la CAPAD, Nyandwi Gilbert, l’atelier constitue un cadre de dialogue destiné à rapprocher les organisations de producteurs des établissements financiers et à favoriser des solutions répondant davantage aux réalités du secteur agricole.

Les participants ont ainsi appelé à poursuivre ce dialogue afin de renforcer une finance rurale plus accessible, sécurisée et durable, capable d’accompagner les producteurs dans l’accroissement de leur productivité et le développement de leurs activités.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné