La province de Gitega veut franchir une nouvelle étape dans la gouvernance des interventions des partenaires au développement. Réunis mardi 18 août à l’initiative du cabinet du gouverneur, les acteurs au développement ont été appelés à inscrire leurs projets dans une dynamique de coordination, de complémentarité et surtout d’alignement sur les besoins exprimés par les populations. Pour le gouverneur Liboire Bigirimana, l’objectif est clair : savoir qui intervient, dans quels domaines, avec quelles ressources et pour répondre à quelles priorités locales.

Cette volonté de renforcer la coordination intervient dans le contexte de la réforme de la décentralisation et de la déconcentration engagée par le Gouvernement du Burundi. Elle vise à donner à l’administration provinciale une meilleure visibilité sur les interventions conduites sur son territoire et à favoriser une planification du développement davantage articulée autour des priorités locales.
« L’idée, c’est de vérifier le nombre de partenaires qui existent en province de Gitega, quels sont les projets qu’ils ont amenés en faveur des populations et quel est le budget qui est consacré à tous ces projets », a indiqué Liboire Bigirimana.
Faire des priorités citoyennes le point de départ des projets
Pour le gouverneur, la coordination ne saurait se limiter à l’inventaire des organisations présentes dans la province. Elle doit également permettre de vérifier la pertinence des interventions au regard des attentes formulées directement par les communautés.

À cet effet, les assemblées générales collinaires organisées le 29 août 2025 constituent une référence importante. Ces consultations avaient permis aux populations d’identifier, à travers un questionnaire, les projets considérés comme prioritaires pour leurs communautés.
L’accès à l’eau potable, la construction de salles de classe et le développement des infrastructures sanitaires, notamment les hôpitaux, figuraient parmi les préoccupations majeures exprimées.
À partir de ces consultations, l’administration provinciale a constitué un document recensant les projets proposés par les populations. Ce document est appelé à servir de boussole dans l’examen des projets introduits par les différents partenaires.
« L’objectif premier est de pouvoir nous enquérir du type de projet et de vérifier s’il correspond à ce qui a été demandé par la population », a précisé le gouverneur.
L’ambition est donc de faire évoluer la logique d’intervention : plutôt que de multiplier des projets sans vision d’ensemble, il s’agit de rapprocher progressivement les investissements des priorités identifiées à la base.
Une cartographie des partenaires pour mieux piloter le développement
L’atelier avait également pour objectif d’établir une meilleure connaissance des acteurs qui interviennent dans la province, de leurs domaines d’action, des projets exécutés ou envisagés ainsi que des budgets mobilisés.
Cette cartographie doit permettre à l’administration provinciale de disposer d’une vision consolidée des interventions au développement. Elle pourrait notamment faciliter l’identification des secteurs insuffisamment couverts, prévenir les chevauchements et favoriser une meilleure complémentarité entre les projets.
Pour les autorités provinciales, il ne s’agit pas de remettre en cause l’action des partenaires, mais de renforcer la concertation afin que leurs interventions s’inscrivent dans une dynamique commune de développement.
La programmation des partenaires appelée à rejoindre celle de la province
L’autre enjeu majeur consiste à intégrer les projets des partenaires dans les mécanismes de planification des autorités locales.Liboire Bigirimana souhaite ainsi que les partenaires communiquent suffisamment tôt les projets qu’ils envisagent de mettre en œuvre afin que ceux-ci puissent être pris en compte dans la planification.

« La programmation des partenaires doit être intégrée à la programmation provinciale et communale », a-t-il souligné.
Une telle approche devrait permettre de mieux anticiper les interventions, d’améliorer leur suivi et de renforcer leur cohérence avec les plans de développement locaux.
De la multiplication des projets à la cohérence des interventions
À travers cette initiative, Gitega entend ainsi passer d’une simple coexistence de projets à une coordination structurée des interventions au développement.
Le dispositif recherché repose sur trois impératifs : identifier les partenaires et les ressources qu’ils mobilisent, confronter leurs projets aux priorités exprimées par les populations et intégrer leur programmation dans la planification provinciale et communale.
Pour Liboire Bigirimana, cette démarche doit finalement permettre de mieux orienter les ressources disponibles vers les besoins les plus pressants des communautés et de faire de l’action des partenaires un levier davantage intégré au développement de la province.
L’enjeu, pour Gitega, n’est donc plus seulement de savoir combien de projets sont réalisés, mais de s’assurer que ces projets répondent aux bonnes priorités, au bon endroit et dans une logique de développement concerté.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné