Gitega : les soins maternels et le personnel de santé sous pression

Le déficit en personnel de santé et la faible disponibilité des soins obstétricaux et néonataux d’urgence figurent parmi les principaux défis sanitaires de la Province de Gitega. Selon les résultats de la Revue annuelle conjointe (RAC) des performances du secteur de la santé pour l’année 2025, présentés mercredi à Gitega, seuls 7,5 % des centres de santé assurent les soins obstétricaux et néonataux d’urgence de base, tandis que le suivi des femmes enceintes reste insuffisant. Cette évaluation vise à examiner les réalisations, identifier les insuffisances et proposer des mesures correctives pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services de santé. A Gitega des résultats encourageants sont néanmoins enregistrés dans la lutte contre le VIH/Sida et le paludisme.

Un déficit important en personnel

Le directeur de la Province sanitaire de Gitega a indiqué que les effectifs du personnel de santé restent inférieurs aux besoins. Sur les 237 médecins prévus, 166 sont disponibles, soit un déficit de 71 médecins. Le personnel paramédical compte 1 856 agents sur les 2 369 attendus, laissant un manque de 513 agents. Selon lui, cette insuffisance des ressources humaines est susceptible de compromettre la continuité et la qualité des soins dans les formations sanitaires.

Des soins maternels encore insuffisants

Si 91,1 % des femmes enceintes effectuent une première consultation prénatale, seules 42,7 % bénéficient d’au moins quatre consultations, contre une cible de 60 %. La couverture du traitement préventif intermittent du paludisme à trois doses pendant la grossesse (TPIg3) atteint 33,8 %, loin de l’objectif de 60 %.

La disponibilité des soins obstétricaux et néonataux d’urgence demeure également préoccupante. Ces soins d’urgence de base (SONUB) sont assurés par seulement 7,5 % des centres de santé, contre une cible de 60 %. Dans les hôpitaux, la couverture des soins obstétricaux et néonataux d’urgence complets (SONUC) s’établit à 11,6 %, alors que l’objectif est de 100 %.

Des acquis dans la lutte contre le VIH/Sida et le paludisme

La province enregistre des performances encourageantes dans la prise en charge du VIH/Sida. La couverture en antirétroviraux atteint 99,9 %, dépassant la cible de 95 %, tandis que le taux de suppression virale s’élève à 97,8 %.

En matière de prévention du paludisme, 91,2 % des femmes enceintes reçoivent une moustiquaire imprégnée d’insecticide lors de leur première consultation prénatale. Le taux de létalité du paludisme est de 0,9 %, pour un objectif inférieur à 1 %. La mortalité hospitalière se situe, quant à elle, à 2,2 %, contre une cible inférieure à 5 %.

Le suivi des données à renforcer

La complétude des rapports des formations sanitaires transmis sur la plateforme DHIS2 atteint 83,3 %, contre 96,5 % pour les rapports communautaires produits par les groupes d’agents de santé communautaire (GASC). Les données relatives aux ruptures de stock n’ont toutefois pas pu être renseignées en raison de difficultés liées au financement basé sur la performance (FBP), selon les informations présentées lors de la revue.

Des mesures correctives attendues

Dans son mot d’accueil, la conseillère du gouverneur chargée des affaires sociales, Alice Nshimirimana, a salué l’accompagnement du ministère de la Santé publique et la contribution des partenaires techniques et financiers. Elle a invité les participants à formuler des recommandations pertinentes pour améliorer durablement la santé de la population.

Ouvrant les travaux, le directeur général de la transfusion sanguine a souligné l’importance de cette revue dans l’évaluation des performances sanitaires et l’identification des insuffisances. Il a appelé à des échanges ouverts et sans complaisance, en saluant la contribution des équipes de terrain et des acteurs ayant participé à la collecte des données.

Des recommandations à traduire en actions concrètes

Organisée par le ministère de la Santé publique, à travers la Direction provinciale de la santé de Gitega, avec l’appui des partenaires au développement, la revue doit déboucher sur un plan d’action provincial précisant les priorités, les échéances et les responsabilités.

Le programme comprend des visites de terrain, des restitutions auprès des Comités provinciaux de suivi et de développement (CPSD) élargis, ainsi que des assises nationales. Ces activités doivent permettre de valoriser les bonnes pratiques, d’identifier les difficultés rencontrées et de proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain.

À Gitega, les travaux doivent notamment déboucher sur des recommandations visant à renforcer les ressources humaines, améliorer le suivi des femmes enceintes, rendre davantage fonctionnels les services obstétricaux et néonataux d’urgence et consolider la fiabilité des données sanitaires.

L’objectif est de transformer les résultats de l’évaluation en actions concrètes afin de pérenniser les acquis, de corriger les insuffisances et de renforcer la performance et la résilience du système de santé au bénéfice de la population.

HAVUGIYAREMYE Dieudonné

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