À Nyamugari, plus de 300 enfants seraient encore privés d’enregistrement à l’état civil. À travers la campagne « Bandike », l’ACECODEV accompagne les familles dans leurs démarches et tente de lever les obstacles qui empêchent certains enfants d’être officiellement reconnus.
À Nyamugari, une réalité qui préoccupe
Dans la zone Nyamugari, l’absence d’acte d’état civil reste une réalité pour de nombreux enfants. Emery Itangishaka, conseiller Juridique et administratif en zone Nyamugari, rappelle que déclarer une naissance est une obligation légale. Mais sur le terrain, certains parents, par négligence ou faute de suivi, n’ont pas accompli cette démarche. Plus préoccupant encore, certains d’entre eux ne disposent pas eux-mêmes de documents d’état civil. Pour les enfants concernés, cette situation peut compliquer l’accès à certains droits et démarches administratives.

Des familles accompagnées pas à pas
C’est pour répondre à cette situation que l’ACECODEV a lancé la campagne « Bandike ». L’association accompagne les familles concernées dans leurs démarches et les oriente vers les services compétents, en collaboration avec les autorités administratives. À Nyamugari, plusieurs bénéficiaires ont déjà pu régulariser la situation de leurs enfants. Pour Nizigiyimana Sora, l’un d’eux, l’obtention des documents constitue avant tout un soulagement. Ses enfants disposent désormais de pièces d’état civil qui leur faciliteront de nombreuses démarches tout au long de leur vie.

Donner une existence officielle aux enfants
Pour Calixte Kubwimana, coordinateur de l’ACECODEV, l’enregistrement à l’état civil ne doit pas être perçu comme une simple formalité administrative. Il constitue une étape essentielle pour donner à l’enfant une existence officielle et lui permettre d’accéder aux documents nécessaires à l’exercice de ses droits.

À travers « Bandike », l’association entend ainsi rapprocher les familles des services d’état civil et renforcer la sensibilisation sur l’importance de déclarer les naissances dans le délai légal de quinze jours. L’objectif est d’éviter que des enfants grandissent sans documents officiels, avec les difficultés que cette situation peut entraîner dans leur parcours scolaire, administratif et social.
Ne laisser aucun enfant de côté
La campagne ne s’arrête toutefois pas aux enfants dont la naissance n’a pas été déclarée à temps. L’ACECODEV prévoit également d’accompagner ceux qui ont dépassé l’âge requis pour une déclaration ordinaire. Pour les enfants qui n’ont jamais fréquenté l’école, l’association envisage parallèlement des actions d’alphabétisation et l’acquisition de compétences pratiques susceptibles de leur permettre de développer des activités génératrices de revenus. L’ambition est de leur offrir davantage de possibilités pour construire leur avenir.

De Nyamugari à d’autres zones
L’expérience menée à Nyamugari devrait progressivement être étendue à d’autres zones de la province de Gitega. À travers « Bandike », l’ACECODEV souhaite faire de l’enregistrement des naissances une responsabilité partagée entre les familles, les autorités et les acteurs communautaires. Le message est simple : déclarer un enfant, c’est aussi lui donner les moyens de faire valoir pleinement son identité et ses droits.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné