À Bugenyuzi, le diocèse de Gitega appelle à rompre avec la haine et la vengeance pour consolider la réconciliation et ouvrir la voie à un développement durable
Faire du pardon une force de reconstruction sociale et de la réconciliation un levier de développement : tel est le message porté dimanche 13 septembre 2026 à la paroisse Bugenyuzi, dans la région pastorale de Karusi, à l’occasion de la Journée annuelle de la justice et de la paix de l’Église catholique.

Représentant l’évêque du diocèse de Gitega, Mgr Simon Ntamwana a exhorté les fidèles à privilégier l’amour, le pardon et l’unité comme fondements d’une paix durable au Burundi. S’appuyant sur l’Évangile de Jean 15,13, il a résumé son appel par une formule forte : « L’amour a vaincu la haine, le pardon a triomphé de la vengeance. » Selon lui, l’avenir du pays ne peut être construit sur les divisions héritées des crises.
La célébration, placée sous le thème « Éclairés par la Parole de Dieu, construisons des foyers et des familles fondés sur la vérité, la compassion et la réconciliation, pour parvenir à un développement durable », a revêtu une dimension particulière. Elle a commencé par le dépôt de gerbes de fleurs sur trois fosses communes abritant des victimes des différentes crises qu’a traversées le Burundi. Les participants ont ensuite rendu hommage à Mgr Joachim Ruhuna, ancien évêque du diocèse de Gitega, avant de marcher vers une croix érigée en symbole du pardon et de la réconciliation.

Des témoignages pour briser le cycle de la vengeance
La célébration eucharistique a également donné la parole à des survivants, dont Auda Francine Nkeshimana, qui a témoigné avoir pardonné à ceux qui ont tué son mari. Elle a invité les personnes encore meurtries par les violences du passé à renoncer à la vengeance et à s’engager sur le chemin du pardon, avec l’accompagnement de la Parole de Dieu et des prêtres.

Pour Mgr Simon Ntamwana, le pardon ne saurait rester une démarche individuelle. « Sans nous pardonner mutuellement, nous ne pouvons répondre à l’appel de Dieu ni construire l’avenir de notre pays », a-t-il insisté, appelant à « abattre les murs des divisions » qui continuent d’entraver la cohésion sociale et le développement.

De son côté, le Père Célestin Nsabindavyi, responsable de la Commission diocésaine Justice et Paix, a mis en évidence le lien étroit entre justice et paix. Il a encouragé les responsables paroissiaux à créer davantage d’espaces de dialogue avec les fidèles et exhorté les autorités à inscrire la justice et la paix au cœur de leur action.

Tharcisse Nibaruta, représentant la CVR dans la province de Gitega, a souligné la complémentarité entre les initiatives de la Commission diocésaine Justice et Paix et celles de la CVR en matière de justice réconciliatrice, notamment à travers la restitution des biens spoliés à leurs propriétaires ou à leurs ayants droit.

Représentant l’administration communale de Karusi, un responsable a salué les efforts déjà consentis en faveur de la réconciliation dans la commune.

Elle a invitée les personnes encore réticentes à emboîter le pas à celles qui ont déjà choisi le pardon, estimant que la réconciliation constitue une étape incontournable vers une paix durable et un développement durable.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné