À l’occasion de la Journée mondiale de la radio, célébrée ce vendredi 13 février, le Ministère de la Communication, des Technologies de l’Information et des Médias, en collaboration avec l’Association burundaise des radiodiffuseurs (ABR), a organisé une cérémonie officielle marquée par un panel d’échanges autour du thème : « Radio et intelligence artificielle : opportunités et menaces ». Les discussions ont mis en lumière les perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans le secteur radiophonique, tout en appelant à une vigilance accrue face aux risques de désinformation et de manipulation des contenus.
Prenant la parole devant un parterre composé de responsables des médias, de journalistes, de représentants d’institutions publiques et de partenaires du secteur, le ministre Gabby Bugaga a réaffirmé l’ambition du Gouvernement du Burundi de parvenir à une couverture radiophonique intégrale du territoire national. Selon lui, la radio demeure un instrument stratégique de promotion de la culture burundaise et de consolidation de la cohésion sociale, tout en contribuant à la dynamisation de l’économie par la valorisation des opportunités d’investissement et l’accompagnement des initiatives de développement.
Abordant la question des radios communautaires, le ministre a souligné leur rôle fondamental en tant qu’espaces d’expression citoyenne et vecteurs d’interaction locale. Il a réitéré l’engagement des pouvoirs publics à soutenir les opérateurs économiques et les organisations souhaitant investir dans ce segment jugé stratégique.
S’agissant de l’intelligence artificielle, qualifiée de révolution technologique majeure, M. Bugaga a estimé qu’elle pourrait considérablement améliorer la production, l’archivage et la diffusion des contenus radiophoniques. Il a néanmoins mis en garde contre les dérives potentielles liées à son usage, notamment la manipulation de l’information, la propagation de fausses nouvelles et l’érosion de la crédibilité médiatique. À cet égard, il a exhorté les professionnels des médias à encadrer rigoureusement l’intégration de ces outils, afin qu’ils demeurent un appui au travail journalistique et non un substitut à l’intervention humaine.
Sur le volet du renforcement des capacités, le ministre a assuré que le Gouvernement est conscient de la nécessité d’adapter les compétences des journalistes aux mutations technologiques en cours, en cohérence avec les objectifs de la Vision nationale de développement.
Répondant aux préoccupations exprimées par les radios concernant les redevances liées à l’exploitation des fréquences et des pylônes, il a précisé que ces questions relèvent du domaine législatif et que toute réforme éventuelle devra s’inscrire dans le respect des procédures établies. Face aux difficultés financières que traversent certains organes de presse, il a encouragé les responsables des médias à adopter des stratégies de gestion et de marketing innovantes afin d’assurer leur pérennité.
De son côté, le président de l’ABR, Onésime Harubuntu, a rappelé que la radio reste un média de proximité par excellence, méritant un appui soutenu, notamment de la part de l’État. Il a plaidé pour la relance effective du Fonds d’appui aux médias, institué par la loi sur la presse en vigueur, regrettant l’absence de financement depuis l’année dernière, ce qui, selon lui, a privé plusieurs organes de presse burundais d’un accompagnement essentiel à leur développement et à leur professionnalisation.
Cette célébration offre un cadre de réflexion approfondie sur l’avenir de la radio au Burundi, à l’heure où les innovations technologiques redéfinissent en profondeur les pratiques médiatiques.
HAVUGIYAREMYE Dieudonné











