Gitega : Le centre seruka en partenariat avec Alfajiri whet renforce sa collaboration pour une meilleure prise en charge des victimes de VBG

Le Centre Seruka entend améliorer la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG) grâce au renforcement de la collaboration entre les acteurs de la santé, de la justice et de l’accompagnement psychosocial. Un atelier organisé du 26 au 27 août 2026 à Gitega a réuni différents intervenants autour des mécanismes de référencement, de l’expertise médico-légale et de l’accès des victimes à la justice.Cette activité a bénéficié de l’appui financier d’Alfajiri Whet, à travers la Coopération suisse, dans le cadre du projet « Agir pour l’égalité de genre ».

Une collaboration renforcée entre justice et santé

L’atelier a réuni des officiers de police judiciaire (OPJ), des magistrats du parquet, des juges du tribunal de grande instance, des secrétaires de parquet, des greffiers ainsi que des prestataires de soins des communes de Gitega et de Bugendana, où le Centre Seruka met en œuvre son programme.

Selon Marie Ange Kezimana, conseillère juridique au Centre Seruka, le renforcement de la collaboration entre les secteurs de la santé et de la justice constitue un enjeu majeur pour garantir aux victimes une prise en charge complète.

Elle souligne que les professionnels de santé et les acteurs judiciaires n’utilisent pas toujours le même langage technique. Ces différences peuvent parfois entraîner des incompréhensions dans l’élaboration ou l’interprétation des documents médicaux utilisés dans les procédures judiciaires.

Les différentes formes de VBG et la prise en charge médicale

Le premier jour de l’atelier, le médecin Alida Manariyo a particulièrement insisté, dans son exposé, sur les différentes formes de violences basées sur le genre. Elle a également expliqué les modalités de prise en charge médicale des victimes, notamment les soins et traitements qui leur sont prodigués.

Elle a précisé que les victimes qui souhaitent saisir la justice peuvent obtenir un certificat médical, un document auquel les autorités judiciaires peuvent se référer dans le cadre de l’examen des dossiers.

Le rôle de la chaîne pénale dans l’accompagnement des victimes

De son côté, le procureur de la République à Gitega, Bazirutwabo Emile, a consacré son exposé au rôle des différents acteurs de la chaîne pénale dans l’enquête et le traitement des affaires criminelles.

Il a rappelé l’importance d’un accueil adéquat des victimes de VBG et insisté sur la nécessité, pour chaque intervenant de la chaîne pénale, de faire preuve d’écoute, de respect et de professionnalisme.

Selon lui, cette attitude est essentielle pour faciliter l’accès des victimes à la justice et garantir une prise en charge appropriée tout au long de la procédure judiciaire.

Le rapport d’expertise médicale au cœur des échanges

Les participants ont particulièrement échangé sur le rapport d’expertise médicale, document susceptible de jouer un rôle important dans le traitement judiciaire des dossiers de violences basées sur le genre.

Les discussions ont porté sur les modalités de rédaction, de transmission et d’interprétation de ces documents, ainsi que sur les mécanismes d’orientation des victimes vers les services compétents.

L’objectif était de favoriser une meilleure compréhension entre les différents intervenants et de réduire les difficultés susceptibles de compromettre le suivi des dossiers judiciaires.

Vers une prise en charge globale des victimes

Au-delà de l’accès à la justice, le Centre Seruka entend promouvoir une prise en charge holistique des victimes. Celle-ci comprend notamment les soins médicaux, l’accompagnement psychosocial, l’assistance juridique et l’orientation vers les services judiciaires.

Lorsque les conditions le permettent, cet accompagnement vise également à favoriser le rétablissement de la victime et sa réintégration au sein de la communauté.

Pour Rubarika Scholastique, médecin au Centre Seruka, l’atelier constitue une opportunité de réfléchir collectivement aux moyens d’améliorer la qualité de l’accompagnement offert aux victimes et de faciliter leurs démarches auprès des services compétents.

Des engagements pour améliorer la réponse aux VBG

La première journée de l’atelier a été consacrée au rôle et aux responsabilités des acteurs judiciaires dans la protection des victimes et la facilitation de leur accès à la justice.

Lors de la deuxième journée, les participants ont travaillé en groupes afin d’identifier les principales difficultés rencontrées dans l’orientation et l’accompagnement des victimes. Les échanges ont notamment porté sur l’expertise médico-légale, les mécanismes de référencement et la collaboration entre les différentes institutions.

À l’issue des travaux, des recommandations ont été formulées et des engagements pris en vue d’améliorer les mécanismes de prise en charge et de renforcer la coordination entre les différents acteurs.

Guerison des blessures de la vie pour prévenir les violences

Depuis 2025, le Centre Seruka a renforcé ses interventions dans la province de Gitega, particulièrement dans les communes de Gitega et de Bugendana. Ses ses interventions comprennent les actions de conscientisation et d’accompagnement des communautés dans la guérison des blessures de la vie pour promouvoir la résilience communautaire.

Dans le cadre du projet « Agir pour l’égalité de genre », les intervention met également les actions d’autonomisation et du leadership féminine pour promouvoir l’égalité du genre et la prévention des violences.

Des actions de sensibilisation sont par ailleurs menées auprès des hommes et des jeunes afin de promouvoir des comportements favorables à la prévention des violences, notamment à travers la promotion d’une masculinité positive.

Les autorités encouragent la poursuite du dialogue

Les autorités ont salué l’initiative du Centre Seruka et encouragé la poursuite de ce type de dialogue entre les différents intervenants.

Elles estiment que le renforcement de la collaboration entre les secteurs de la santé et de la justice demeure essentiel pour assurer une réponse plus efficace aux violences basées sur le genre et garantir aux victimes un accompagnement adapté à leurs besoins.

HAVUGIYAREMYE Dieudonné

Partagez l'article!